Urgence Sociale

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Face à la crise, ne laissons pas se développer une société à plusieurs vitesses

 

La situation économique de nombreux Genevois et Genevoises se dégrade, il est de notre devoir de n’abandonner personne. Je crois en un État fort, garant de la dignité humaine et de la cohésion sociale.

 

Depuis plusieurs années, la situation sociale n’a cessé d’empirer à Genève. Plusieurs études ont démontré que le pouvoir d’achat s’érode en raison d’une inflation non-comptabilisée (primes maladies et loyers), alors que les inégalités sociales augmentent dangereusement. Je considère que cette situation est intolérable. Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est que de nombreuses personnes rencontrant des difficultés sociales glissent vers une plus grande précarité. Ainsi, Genève connaît désormais de nombreuses situations d’extrême pauvreté qui nécessitent donc une intervention étatique significative. Cette situation a encore été exacerbée par la crise du coronavirus (voir notamment les distributions d’aide alimentaire d’urgence et l’ouverture en catastrophe de foyers pour les personnes sans domicile). Le recours à l’aide sociale n’a cessé de croître ces dernières années pour atteindre des sommets. Malheureusement, l’avenir ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Les conséquences sociales de la pandémie de 2020-21 risquent d’être dramatiques. En effet, lorsque les aides fédérales d’urgence prendront fin, nous devons nous attendre à une cascade de problèmes, tels que l’augmentation des loyers impayés et de nombreuses faillites. Nous risquons de vivre une crise sociale à retardement.

 

Des enjeux cruciaux à long terme

 

Les questions sociales ont une importance critique parce qu’elles renvoient à la dignité humaine et au maintien d’un niveau de vie minimum dans une des villes les plus chères du monde. Elles ont aussi une importance particulière dans un canton-ville comme Genève. En effet, sans une politique d’aides (et de redistribution) appropriée, il y a de forts risques de voir des ghettos sociaux émerger et/ou la criminalité augmenter, pour ne citer que ces problèmes très spécifiques aux centres urbains. Genève ne peut donc se permettre de voir se développer une société à plusieurs vitesses. L’Etat doit aider rapidement et efficacement les plus démunis pour éviter des drames humains. Mais il doit aussi agir sur le long terme pour maintenir la cohésion sociale. C’est la raison pour laquelle j’étais favorable à l’introduction d’un salaire minimum et souhaite que cette loi soit bien respectée par tous les opérateurs économiques. 

 

L’égalité des chances me tient également beaucoup à cœur. Genève est une ville plurielle aux nombreuses composantes sociales et culturelles. Aucune de ces composantes ne doit être marginalisée directement ou indirectement. Chaque individu doit pouvoir exprimer son potentiel, ce qui servira l’ensemble de la collectivité. A ce titre, je soutiens plusieurs idées dont celle de changer la loi pour garantir l’anonymat du ou de la candidate à un poste dans une administration publique. A terme, ce genre de loi devrait aussi s’appliquer au secteur privé moyennant quelques adaptations.  

 

Bien évidemment, il n’y a pas de solution unique pour répondre à la crise sociale actuelle et celle qui se prépare. Je souhaite travailler sur plusieurs pistes qui pourraient être rapidement mises en œuvre. Les travailleuses et travailleurs de l’économie informelle doivent être mieux protégés (responsabilisation des employeurs par le biais d’un arsenal législatif renforcé). En outre, les entreprises doivent être plus inclusives et engager davantage de personnel en situation de précarité. En effet, le monde de l’économie a aussi une responsabilité sociale et ne devrait pas agir en vase clos. En ce sens, toute initiative visant à faciliter davantage l’engagement d’une main d’œuvre locale en situation de sous-emploi doit être promue. Pour lutter contre le phénomène des “working-poors”, je souhaite que le canton s’appuie sur les partenaires sociaux et encourage autant que possible la conclusion de conventions collectives de travail. La paix du travail est un acquis, protégeons-le. 

 

L’Etat doit également promouvoir l’entrée des jeunes diplômés universitaires dans le monde du travail, par exemple en veillant à instaurer de meilleures conditions cadres pour les stages (convention de stage adaptée et rémunération appropriée). Enfin, nous devons tout mettre en œuvre pour éviter le décrochage scolaire des adolescents. En effet, ce phénomène en forte augmentation est un important vecteur de précarité. 

 

Lorsqu’il en va de la cohésion sociale, de la lutte contre la précarité et de l’égalité des chances, je crois en l’importance d’un Etat fort, qui ne discrimine personne et garantit la dignité humaine. Face aux défis que nous impose la crise actuelle, je m’engagerai de manière résolue à soutenir celles et ceux qui auront vu leur situation se dégrader significativement. Ce n’est que sur cette base que nous parviendrons à sortir de la crise et à construire un avenir socialement juste.